Newsletter n° 21 Été 2019

Bonjour !

Un de nos amis, Serge Gibard, préoccupé de l’avenir de l’humanité, nous a récemment fait parvenir un écrit qui retranscrit ses réflexions depuis de nombreuses années. « Le progrès nous a procuré des bottes de sept lieues », déclare-t-il. « Avec elles, l’autre côté de la planète est à portée de téléphone… C’est formidable ! Ainsi chaussés, un bond jusqu’à la lune cesse d’être un exploit invraisemblable… L’ennui, c’est qu’en huit ou neuf mille ans, notre cerveau, lui, n’a pas, biologiquement parlant, eu le temps de s’adapter ; huit ou neuf mille ans, une bagatelle pour l’évolution ! Si bien que, dans un monde surchauffé par les ordinateurs et des moteurs de tous types, cet organe persiste à raisonner à l’aune d’enjambées humaines ! D’où une évaluation sous-estimée des conséquences ou de la gravité de nos actes. Nous ne voyons guère plus loin que le bout de notre nez ! »
Ce propos de notre ami se voit aujourd’hui parfaitement validé par le neurobiologiste, Sébastien Bohler, qui vient de publier un livre au titre évocateur : Le bug humain (Editions Robert Laffont).
Sous notre vernis de civilisé, nous fonctionnons encore avec un cerveau « incapable de voir au-delà de quelques décennies ». La cause en revient à notre striatum, un noyau cérébral profond qui nous vient de la nuit des temps et qui se trouve inondé de dopamine (l’hormone de la récompense, du plaisir immédiat) lorsque nous augmentons nos chances de survie : comme lorsque nous découvrons de la nourriture, que nous copulons, que nous devenons puissants ou que nous explorons de nouvelles ressources à exploiter.
Cette structure neuronale antédiluvienne n’a pas de limites : pour plus de sécurité, elle en veut toujours davantage ! Si son avidité ne posait guère de problèmes tant que nous n’étions outillés que de silex ou même de charrues et de faucilles, il n’en est plus de même à notre époque. Aujourd’hui, pour répondre à nos besoins premiers, notre formidable cortex a développé des technologies très sophistiquées dont nous bénéficions largement. Mais, voilà ! Sous l’emprise du striatum, il est programmé selon une idéologie de croissance sans fin. Comme l’explique Sébastien Bohler, « il paraît donc très difficile d’enrayer la logique du « toujours plus », qui est au cœur de notre constitution neuronale ». Même le souci de l’avenir pèse peu devant la force des impulsions vécues dans le présent, d’autant qu’elles sont sans cesse stimulées par une publicité au service des rendements financiers.
Sommes-nous donc condamnés à une destruction inéluctable en raison de la combinaison de notre cerveau ancien, si prégnant, avec notre technologie moderne, si puissante ? Serge Gibard pose la bonne question : comment garder nos bottes de sept lieues alors que notre cerveau ne voit pas plus loin que « la portée de notre regard » paléolithique ? 
Pas d’autre solution, dans ces conditions, que de muter ! Si elle ne veut pas être rayée de la carte planétaire, l’espèce humaine n’a d’autre choix que de « grandir dans sa tête ». Le petit poucet qui veut enfiler les bottes de sept lieues doit échapper à l’ogre pour atteindre sa pleine maturité.
Selon Sébastien Bohler, les solutions qui se dessinent sont de deux ordres :
– leurrer le striatum en valorisant d’autres sources de plaisir : l’acquisition de connaissances qui, en satisfaisant la curiosité, procurent des récompenses cognitives et l’altruisme qui, en faisant du bien à d’autres, nous rend joyeux
– muscler le cortex pour qu’il soit en capacité de résister au diktat du striatum, autrement dit s’appliquer à faire grandir notre conscience. Plus que jamais, le « connais-toi toi-même » est à l’ordre du jour.
Qu’on se le dise : « amener notre degré de conscience à un niveau comparable avec notre niveau d’intelligence sera sans doute un enjeu de premier plan pour l’avenir de notre espèce. »

Vous l’aurez compris : nous vous conseillons vivement d’emporter dans vos bagages de vacances Le bug humain. Vous pouvez aussi écouter en podcast l’émission de France Culture du 19 juin : « Pourquoi notre cerveau n’est pas écolo ? » https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/pourquoi-notre-cerveau-nest-pas-ecolo

Et, pour la rentrée, des ateliers sont déjà annoncés :

– « Ecopsychologie – stage pratique de sensibilisation », du 22 au 27 septembre à Orbey (massif des Vosges). Pour en savoir plus : http://eco-psychologie.com/ecopsychologie-stage-pratique-de-sensibilisation/
– « La nature comme support de coaching », du 26 octobre au 2 novembre à Plasne (Jura). Pour en savoir plus : http://eco-psychologie.com/deux-ateliers/

Bon été à chacun.e !

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