Newsletter n°20 Printemps 2019

Les temps de la mobilisation semblent venus !
Même dans les cercles de psychanalyse, on se réveille. « Résistons ! » s’écriait la présentatrice du symposium organisé par la Société suisse de psychanalyse, le 9 mars dernier à Genève. Le titre de la rencontre : « Ecologie et psychanalyse : la crise environnementale sur le divan ».
Jusqu’à présent, nous n’avions que très peu entendu les psychanalystes s’exprimer sur la question des dégâts planétaires. Harold Searles avait été le premier à aborder le sujet (en 1960 tout de même ! Cf. http://eco-psychologie.com/recherche/harold-searles/), mais il n’a guère été suivi par ses confrères.
Nous avions toutefois relevé, en 2010, la publication de l’ouvrage de Christophe Schaeffer, De la réparation. Analyse comparative et transversale : psychologie et écologie. Cet écrit offre l’intérêt d’avoir permis une réflexion croisée entre des spécialistes de la psyché et des spécialistes de l’écologie. Il y est reconnu que les réponses au besoin de « réparer » ne peuvent se trouver que « dans l’interaction productive entre l’écologie… et la psychologie ». Et la question posée en préambule n’étonnera pas les écopsychologues :
« Si la Planète va mal, n’est-ce pas d’abord parce que l’être humain lui fait subir ses propres désordres psychiques qui ont agi négativement sur elle ? »
Au symposium de Genève, ce 9 mars, Luc Magnenat a fait part à son auditoire d’un fait nouveau : l’expression par les consultants de leurs réactions douloureuses de prise de conscience devant les problèmes environnementaux. Il a rappelé qu’un travail de pensée sur ce qui mobilise nos sociétés est toujours à faire et qu’en ce domaine les psychanalystes ont leur propre quote-part de recherche à effectuer.
Nous vous recommandons le livre dont il a dirigé la publication, La crise environnementale sur le divan (Editions in Press, février 2019). Un diagnostic y est posé d’emblée : la crise environnementale est révélatrice d’un « trouble de la pensée à l’échelle de l’humanité ». En conséquence, l’ouvrage propose un espace pluridisciplinaire pour penser à plusieurs et pour que débattent entre eux des environnementalistes, des philosophes et des psychanalystes.  De la richesse de ces échanges, nous retenons trois points essentiels :
– La menace de l’effondrement du monde fait écho en chacun de nous à la crainte d’un effondrement personnel. C’est par l’accueil de la détresse, de la dépression, des sentiments de douleur et d’impuissance, liés à cet ébranlement, que nous pouvons favoriser un processus de deuil, nécessaire à l’émergence d’une créativité nouvelle.
– L’être humain étant « ainsi fait qu’il ne peut renoncer à une satisfaction que pour une autre satisfaction », nous devons nous poser la question : « qu’est-ce qui pourrait, dans notre culture, remplir un tel office… ? »
– La question dépassant largement notre dimension individuelle, c’est à plusieurs, au sein de groupes de travail qu’il nous faut « rêver » la transformation du monde.

Bon printemps à chacun.e !

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