Les diplomates

L’ouvrage de Baptiste Morizot vient de paraître aux Editions Wildproject. Il s’agit d’un « essai de philosophie animale » qui a pour titre exact « Les diplomates, Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant ». Il esquisse un monde où nous pourrons vivre « en bonne intelligence avec ce qui en, en nous et hors de nous, ne veut pas être domestiqué ».

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici comment l’auteur nous présente le loup :
« Symboliquement, le loup partage avec nous le sommet de la pyramide alimentaire : il est notre égal du point de vue écologique. C’est-à-dire un rival dans la perspective mythologique du destin humain de prééminence et domination sur toutes les espèces de la Terre. Son statut écologique en fait un opérateur métaphysique : son existence même remet en cause le mythe judéo-chrétien fondateur de notre élection et de notre préséance. En toile de fond, c’est ce mythe des origines que cette enquête entend questionner. »
Pour sortir du conflit historique avec l’animal, Baptiste Morizot propose un modèle diplomatique qui permette un rapprochement avec lui :
« Un tel dispositif serait assuré par des diplomates formés à « penser comme un loup », comme Aldo Leopold préconise de « penser comme une montagne » ».

«Prendre soin de soi, prendre soin de la terre : l’écopsychologie»

Conférence par Marie Romanens. Mercredi 20 avril 2016 à 19h30 au Forum 104, salle des Glycines – 104 rue de Vaugirard  75006 PARIS

Nous sommes tous directement concernés par l’environnement qui vient impacter nos équilibres personnels et collectifs. Prendre soin de soi, et prendre soin de la Terre sont intimement liés.
Voici aujourd’hui notre planète définitivement modifiée à l’échelle géologique par nos actions. Ce bouleversement ne peut que révolutionner notre société et chacun d’entre nous en particulier.
Les réactions de déni, de fuite en avant, de radicalisation militante, les sentiments de dépression… montrent que nous sommes à la recherche d’un équilibre et que nous ne pouvons pas éviter de nous questionner dans nos vies quotidiennes et nos engagements personnels.
Pour penser et agir, il nous faut comprendre ce qui s’est passé et ce qui se passe pour nous : le phénomène de coupure/séparation qui régit notre civilisation dite moderne et fait de nous des êtres « hors sol ».
L’écopsychologie, un nouveau champ de recherche, fait le lien entre la violence de la domination exercée sur le monde extérieur et celle que nous exerçons vis-à-vis de notre univers interne.
Il est temps de développer des relations plus conscientes avec la Terre et ses éléments et de nous reconnaître en tant qu’êtres imbriqués dans la toile de la vie sur Gaïa. Ce grand respect accordé au monde non-humain est intimement corrélé au respect accordé à soi-même et aux autres.

 

 

« L’urgence de ralentir »

Nous vous invitons à regarder cette vidéo, bien qu’elle date d’un an déjà. https://www.youtube.com/watch?v=uoDDPSShxqM

Il s’agit d’un entretien avec Bernard Stiegler, philosophe, co-fondateur de Ars industrialis, association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit.

« Je ne crois pas à la décroissance, mais plutôt à une nouvelle révolution industrielle. »

Le dernier livre de Bruno Latour

Face à Gaïa, Huit conférences sur le nouveau régime climatique
(Les empêcheurs de tourner en rond, La découverte, octobre 2015)
L’auteur, sociologue et philosophe, nous incite à penser au-delà du couple nature/culture en réalisant que nous sommes rendus à l’ère de l’Anthropocène, celle où la Terre est définitivement impactée par l’action des humains. Si nous voulons survivre, il s’agit désormais de compter avec les différents existants de la planète, de nous ouvrir réellement à l’altérité du monde. Gaïa étant « excessivement sensible », il nous faut désormais tenir compte de toutes les boucles de rétroaction qui l’animent.
Pour ce faire, pas d’autre choix que de « se rapprocher de la politique ». Les scientifiques ne peuvent s’en tenir à une neutralité qui les positionne hors du jeu : les faits qu’ils découvrent, n’en déplaise aux climato-sceptiques, ont force prescriptive. Il s’agit donc de combattre pour défendre une politique qui tienne compte désormais de tous les existants sur Terre.
« Tout ce qui réagit à nos actions commence à prendre une consistance, une solidité, une cohérence qui peuvent être traitées… comme des agents qui ont tous vocation à faire entendre leurs voix. »
Nous ne saurions résumer ici toute la richesse de Face à Gaïa. Aussi, nous nous faisons l’écho de la recommandation formulée par Télérama (n° 3436, du 21 au 27 novembre 2015, p. 53) :
« A lire de toute urgence pour penser autrement « l’affaire la plus grave, la plus enthousiasmante aussi, de notre temps » : notre entrée dans le nouveau régime climatique. »

« La nature pour partenaire »

 un article des philosophes Catherine et Raphaël Larrère, dans CNRS Le Journalhttps://lejournal.cnrs.fr/billets/la-nature-pour-partenaire
De même que Bruno Latour, les deux auteurs insistent sur la nécessité dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui en Occident de sortir des vieux dualismes : nature/culture, naturel/artificiel… pour penser la pluralité des relations entre des humains de cultures diverses et des existants non humains.

Catherine et Raphaël Larrère ont publié en mai 2015 Penser et agir avec la nature. Une enquête philosophique aux Editions La Découverte.

Terrorisme et dérèglement climatique

Novembre 2015. Les attentats de Paris mettent au premier plan la menace djihadiste, alors que se prépare la COP21 pour tenter de faire face à une autre menace, écologique cette fois.
Face à cet enchaînement de faits dramatiques, que peut dire l’écopsychologie ? Quelles réponses suggère-t-elle aux questions que nous nous posons ? A quelles réflexions son approche est-elle susceptible de nous ouvrir ? Lire la suite →

A quoi pense la pensée écologique ?

Emission France Culture « La conversation scientifique » par Etienne Klein, avec Dominique Bourg, le 21.11.2015

Le mode de développement du monde moderne apparaît comme la victime d’une contradiction douloureuse : il se pense comme universel, et pourtant il sait désormais que son extension à l’ensemble du genre humain, tant dans l’espace que dans le temps, se heurte à des obstacles impitoyables, ne serait-ce que parce que l’atmosphère de notre globe et son climat ne supporterait ni sa généralisation ni son maintien. Il y a donc une contradiction entre notre exigence éthique d’égalité et notre mode concret de développement. D’où le dilemme : ou bien, nous les riches, nous nous coupons du reste du monde au moyen de boucliers divers, ou bien nous inventons un autre mode de développement qui aurait la propriété de pouvoir être universalisé à l’échelle de l’humanité tout entière.

Mais comment penser ensemble toutes les données que nous recensons, celles qui concernent les modifications de notre milieu, celles qui concernent le fonctionnement de la biosphère, celles qui concernent l’état et l’évolution des ressources naturelles ?

Demain

Sortie en salle du documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, à partir du 2 décembre.

(voir la bande annonce : http://www.demain-lefilm.com/)

Synopsis et détails :

Et si montrer des solutions, raconter une histoire qui fait du bien, était la meilleure façon de résoudre les crises écologiques, économiques et sociales, que traversent nos pays ? Suite à la publication d’une étude qui annonce la possible disparition d’une partie de l’humanité d’ici 2100, Cyril Dion et Mélanie Laurent sont partis avec une équipe de quatre personnes enquêter dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer cette catastrophe et surtout comment l’éviter. Durant leur voyage, ils ont rencontré les pionniers qui réinventent l’agriculture, l’énergie, l’économie, la démocratie et l’éducation. En mettant bout à bout ces initiatives positives et concrètes qui fonctionnent déjà, ils commencent à voir émerger ce que pourrait être le monde de demain…